Institut Culturel de Solenzara

DIMITAR METODIEV – Bulgarie

Dimitar Medodiev

 

Dimitar Hristov Metodiev est né le 11.09.1922 au lieu-dit Belovo, devenu plus tard une ville. Il est diplômé de l’Ecole d'Agriculture de Sadovo (1941). Metodiev étudie l’agronomie à l'Université de Sofia (1941-1944). Il participe à la Résistance antifasciste pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est tour à tour maire de Belovo (1946-1947), directeur de l'usine locale « Rodopi » (1947).
  De 1948 à 1950, Dimitar Metodiev étudie le journalisme à l'Université d'Etat d’Oural « Maxime Gorki » à Sverdlovsk. Il est diplômé de l'Institut de littérature « Maxime Gorki » de Moscou (1953). Metodiev travaille comme rédacteur (1953-1958), puis rédacteur en chef (1966-1989) du magazine « Notre patrie ». De 1958 à 1960, il est rédacteur en chef adjoint de la revue « Septembre », puis de 1961 à 1966, du journal « Rabotnitchesko Delo » (« Vie Ouvrière »). De 1966 à 1989, Le poète travaille au Comité Central du Parti Communiste Bulgare.
Ses premiers vers sont publiés en 1939 dans la revue « Outchenitcheski ustrem » (« Jeunesse inspirée »), à Plovdiv. Sa poésie est riche d’accents solennels et pathétiques, d’images puissantes.  Le poète chante la vie quotidienne, et traite de sujets politiques.
  Metodiev est l'auteur de poèmes d’un lyrisme dense, sortes de confessions intimes, sur la mort, l'amour et la beauté. Il a traduit en bulgare « Kobzar » du poète ukrainien  T. G. Chevtchenko, « Espace après espace », du poète russe  A.T. Tvardovski, « Vladimir Ilitch Lénine » de V.V. Maïakovski, ainsi que les vers d’une pléiade d’autres auteurs.
  Ses ouvrages ont été traduits en anglais, français, russe, grec, slovène, ouzbek, ukrainien, biélorusse. D’autres poèmes ont été publiés en azéri, arabe, arménien, chinois, allemand et autres langues.
Metodiev est lauréat de plusieurs prix littéraires bulgares, du prix littéraire ukrainien « Maxime Rilski » (1974) et du Grand Prix International Solenzara de Poésie (France, 1982).
Dimitar Metodiev meurt en 1995. En 1997 sort son roman «  Requiem pour une génération ». Sur la dernière page de celui-ci, l’écrivain a marqué quelques dates : 1966-1967, décembre 1986 - janvier 1987, avril-mai 1992, février, mars, avril 1994, juillet 1995 (après son troisième infarctus). Cette dernière date est écrite à la main.


Dimitar Metodiev reçoit le Grand Prix Solenzara de poésie à la Sorbonne

TU BAISSES LA TÊTE

Tu baisses la tête brisée d'affliction.
Tremblant d'inquiétude le châle léger et bleu
Entoure tes frêles épaules de généreux frissons
Mourant parmi les plis du jour silencieux.

Que ne donnerais-je, amie, pour faire encore miens
Les mots resplendissants de la bouche qui aime,
Pour revoir encore cette calme lueur qui sème
Au fond de tes pupilles l'éclat des jours anciens
Soudain et violent ?

Mais le châle se tait froid et immobile
Pareil au lourd silence flottant au gré des vents.
Regrets et repentir ! Vain, lourd et indocile
Mouvement sonore du sang !

Traduit du bulgare en français par Athanase Vantchev de Thracy

        

Athanase Vantchev de Thracy, Jean-François Franchi, Dimitar Metodiev et Radko Radkov

CERISIERS

Il fait si calme dans le jardin !
La brise se tait…
Une seule mouvance - l'haleine étoilée
De cette nuit de cerisaies humides
Qui frôle mon âme et remplit son vide
De doux refrains
Venus des jours anciens.

Amour, amour,
Ô rêve si lointain
Serein et impossible,
Vis-tu encore
Et quelle est ta patrie ?
Je te supplie
De tout mon cœur :
Reviens !

Dors le jardin :
Ni brise
Ni souffle d'air,
Rien que cette haleine muette
Tranchante et claire
De souvenirs sonores
Et de jardins
Berçant les crêtes
Des cerisaies en fleurs.

Traduit du bulgare en français par Athanase Vantchev de Thracy