STELLA MARE – Bulgarie

 

Estella Mare

LA LUNE, TELLE LA PETITE FLAMME D’UNE LUCIOLE


La lune, telle la flamme d’une luciole,
Scintille parmi les élégantes nuées,
Le vent du Sud, pareil à une fouine très enjouée,
Court le long des rues poussiéreuses.

Une telle nuit, l’âme murmure des mots fragiles,
Une telle nuit, les étoiles subissent mille métamorphoses,
Une telle nuit, nous avons voués nos âmes, nos cœurs, nos corps,
L’un, mon doux ami, l’un à l’autre.

Une telle nuit, l’étreinte ne peut rester que taciturne
Et indiciblement suave et chaleureuse !
Comme il est difficile au cœur d’attendre l’aube
Une telle nuit qui peut encore
Nous apporter des joies insoupçonnées !

Traduit du bulgare en français par Athanase Vantchev de Thracy






EMBRASSE-MOI


Embrasse-moi, embrasse-moi encore,
J’ai renfermé ma virginale pudeur
Dans un lieu secret,
Sais-tu que, comme une belle enfant terrible,
Je pourrais remplir ton cœur de douloureux soucis !

Dehors, les lourds cierges des hauts châtaigniers
Lentement s’éteignent
Et les pétales des fleurs tombent
Comme les paroles d’une ancienne prière,
Dehors, la nuit, avec sa douce pluie et ses éclairs
Rend à ce mois de mai sa face sacrée !

Etreints-moi, étreints-moi encore,
Jusqu’à la folie, jusqu’à la douleur !
Tant que le soleil sera brillant,
Tant que la lune déversera sa lumière,
Je serai ton peuplier tacite
Qui retrouve ses feuilles printanières,
Je serai ton oiseau chanteur
Qui dors parmi ses branches hallucinantes !

Traduit du bulgare en français par Athanase Vantchev de Thracy